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Venez et Voyez !

Avec les petites soeurs de Béthléem de Solenzara

5 Juin 2015 , Rédigé par Anne Elisabeth Publié dans #Témoignages

Avec les petites soeurs de Béthléem de Solenzara

Famille catholique pratiquante au sein de laquelle ont grandi quatre enfants, nous avons depuis quelques années trouvé refuge et réconfort, tout comme beauté et vérité auprès de celles qui sont devenues nos sœurs, les sœurs de Bethléem de Solenzara,

Nos rencontres sont hélas espacées dans le temps, à la faveur d'un séjour annuel une quinzaine de jours en Corse, soit deux à trois fois l'an. Pourtant, nous nous sentons remplis de leur présence et de leur prière, leur communion profonde à notre belle famille, cependant si souvent éprouvée par de grosses épreuves qu'il serait difficile d'assumer sans leur aide,et à travers lesquelles le passage vers la lumière serait si ardu !

Tout récemment, j'ai rejoint mon mari, en mission à Bonifacio, et nous avons fêté La Pentecôte auprès d'elles. Après la célébration, d'une beauté au service de la liturgie dont peu de paroisses peuvent s'honorer, nous avons eu un long échange avec deux de nos sœurs, prenant des nouvelles de chacun de nos enfants, les appelant par leur prénom et nous en parlant comme si ils faisaient partie de leur propre famille, et comme si elles nous avaient quittés la veille.

Comment imaginer, face au rayonnement et à l'équilibre, tout comme bien souvent à la joie de vivre des sœurs de Solenzara, comment imaginer un seul instant qu'elles puissent subir le moindre endoctrinement et perdre un tant soit peu leur discernement comme certains tentent de le faire croire ?

C'est maintenant de famille, et de famille chrétienne, que je souhaiterais parler dans ce témoignage.

Dernière d'une fratrie de cinq enfants, mes parents, catholiques progressistes, nous ont élevés dans un esprit d'amour et dans la contemplation de la beauté, qu'il s'agisse de celle de La Création tout comme de celle de l'expression humaine à travers tous les courants artistiques. Je me souviens de Maman, nous lisant du Charles Péguy pour la Saint Joseph, de la contemplation des vitraux de Chartres et plus tard de ceux de Soulages, d'échange fructueux à propos de La Bible (notamment dans sa traduction Chouraqui).

Comment, dès lors, ne pas être sensible à l'extrême et juste beauté exprimée lors des offices de Bethléem ? Juste car mise au service de L'Invisible, Le révélant et le sertissant.

Mais je m'égare, puisque je souhaite parler, comme je l'ai annoncé, de famille. Notre front était marqué du sceau de la croix avant chaque coucher, accompagné de la tendresse d'un baiser maternel, ces deux gestes nous invitant à nous sentir aimés et comme mis ou remis au monde chaque soir, dans notre identité terrestre tout comme céleste.

Par ailleurs, nous avons appris dès le plus jeune âge à ne jamais, jamais aller nous coucher avant d'avoir pardonné et embrassé celui ou celle duquel ou de laquelle nous étions coupé par nos rancœurs et querelles. Il y avait, pourtant, bien des choses difficiles, voir impossibles en apparence à pardonner ! Mais il en était ainsi, ce baiser de paix et cette parole donnée, même lorsqu'elle semblait volée, arrachée dans la souffrance à nos cœurs, était salut, libération, délivrance. Que dire, lorsque nous avions commis une faute, du pardon donné par notre père, figure imposante par sa rigueur et son exigence. Le fils prodigue de Rembrandt pourrait illustrer la force de cet amour-pardon !

Lors de notre passage, nos sœurs de Bethléem nous ont confié, avec infiniment de lucidité, tout comme d'espoir mais aussi avec peine, l'épreuve que traverse l'ordre de Bethléem.

N'êtes-vous pas, vous-mêmes, des frères et sœurs en Christ, de façon encore infiniment plus explicite par le choix du don de vous-mêmes qu'un jour vous avez scellé au cœur le plus intime de votre être ?

Je ne peux ni ne veux prendre partie sur la responsabilité du séisme qui ravage votre ordre actuellement. Cependant vous êtes frères, vous êtes sœurs, et, une fois les dogmes, les règles édictés (et dépassés car ne l'oublions pas, l’Église et les communautés sont avant tout faites d'humains!), je vous invite à ce signe de croix, à ce pardon, inconditionnel et entier.

La nuit vient, il est temps de la vêtir de lumière à travers ce pardon !

Anne-Elisabeth, mère de quatre enfants dont un handicapé, animatrice d'ateliers d'écriture et iconographe.

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